Une réunion rassemblait le jeudi 17 mars au soir les membres de l’association « Sauvegarde et Avenir de Troyes », monsieur Philippe Adnot, président du Conseil général, et monsieur Jacquet, architecte du cabinet Fouqueray-Jacquet/Bataille-Lorne qui a établi le projet d’agrandissement du siège du Conseil général.
Deux points me semblent importants à souligner avant une analyse plus complète de la réunion :
D’emblée Philippe Adnot et ses acolytes affirment que le projet ne peut être profondément changé. Ils peuvent admettre des modifications de détail mais le plan d’ensemble, l’esprit du projet sera préservé. On prétend qu’en cas d’abandon du projet, le Conseil général risque d’avoir à débourser une somme importante pour indemniser le cabinet d’architecture. Et alors ? Si ce projet est reconnu nuisible pour la ville, il vaut mieux dépenser un peu d’argent pour ne rien faire que de défigurer la cité. Les édiles départementaux prétendent qu’on ne peut renoncer à ce stade. C’est faux. Il est toujours temps de reconnaître ses erreurs.
On essaie d’opposer les modernes et les anciens, les innovants et les conservateurs, la vie et la mort quoi… Ceux qui refusent le projet sont considérés comme des personnes incapables de s’intégrer à la modernité, incapables de projeter la ville dans le futur, incapables de progresser. Des gens de peu d’intelligence, rétrogrades et peu instruits, des imbéciles en fait… Face à cela il y a ceux qui savent : qui connaissent les contingences techniques, qui sont conscients de l’impact de l’architecture sur l’environnement, qui savent ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Il faut refuser ce débat, le débat n’est pas entre l’innovation et le sur-place, entre l’avenir et le passé, entre l’intelligence et la bêtise. Ce qui nous déplait dans ce projet n’est pas son caractère contemporain. Ce qui nous déplait c’est qu’il est laid et inadapté à la cité. On ne peut donc ni l’amender, ni le corriger, ni changer la teinte des verres, les matières, diminuer les volumes ou déplacer les masses. Ce projet n’est pas bon pour la ville, il faut donc en concevoir un autre, adapté à Troyes et beau…
Nous en parlerons ensemble le 6 avril prochain.
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